Pinacle (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle. Emprunté du latin chrétien pinnaculum , de même sens, lui-même dérivé de pinna , « plume, créneau ».
1. Vieilli. Partie la plus élevée d'un bâtiment, d'une construction. Le d'une maison . Ne se dit plus guère que du faîte du temple de Jérusalem, où Satan proposa au Christ d'être transporté, quand il le tenta dans le désert. Expr. fig. Porter, élever quelqu'un au , le placer au-dessus de tous les autres. Être sur le (vieilli), être au , être au comble des honneurs ou de la faveur.
2. Clocheton élancé, de forme conique ou pyramidale, qui sert de couronnement à un contrefort, ou qui est érigé à l'extrémité d'un fronton ou d'un gâble, dans les édifices gothiques ou de style gothique. Un d'arc-boutant. Les s de la cathédrale de Reims . ? . Ornement ayant cette forme. Une cathèdre gothique surmontée de s ouvragés . Par anal. Bloc de rocher saillant, en forme d'aiguille. Les s calcaires des Dolomites .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

La partie la plus élevée d'un édifice. Il se dit surtout en parlant de l'Endroit du temple où Notre-Seigneur fut transporté lorsqu'il fut tenté par le démon.
Fig., "Mettre quelqu'un sur le , élever quelqu'un au ," Le louer extrêmement, le mettre au-dessus de tous les autres par des louanges.
Fig., "Être sur le ," Être dans une grande élévation, dans une grande faveur.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 


Le du temple, et, absolument, le , la partie la plus élevée du temple de Jérusalem, celle où Jésus-Christ fut transporté quand il fut tenté par le démon (usité au propre seulement en cette locution).
BOSSUET: « Il [Satan] transporte le Fils de Dieu sur le du temple »
    Fig. et familièrement. Être sur le , être dans une position très élevée.
SAINT-SIMON: « La consolation de Maulevrier fut de trouver la princesse des Ursins de plus en plus au »
    Fig. Mettre quelqu'un sur le , le mettre, l'élever au-dessus de tous les autres.
SÉV.: « M. de Lauzun, qu'elle [la comtesse de Fiesque] voulait mettre sur le »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
     Alector, roman, p. 136: Tant y estoit venu grande multitude ...que toutes les fenestres, les arceaus et les gaileries, voire tous les s et faistes des murailles estoient chargez de gens

ÉTYMOLOGIE
    Espagn. pinaculo ; ital. pinacolo ; bas-latin, pinnaculum ; du lat. pinna, sommet ; comparez PIGNON 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    PINACLE. - HIST. XVIème siècle Ajoutez :
     Matthieu IX, 5, Nouv. Test. éd. Lefebvre d'Étaples, Paris, 1525: Adoncques le diable le transporta en la saincte cité, et le mist sur le du temple


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


La partie la plus élevée d'un édifice. Il n'est d'usage au propre qu'en parlant de L'endroit du temple où Notre-Seigneur fut transporté, lorsqu'il fut tenté par le démon.
Fig. et fam., "Mettre quelqu'un sur le ," Le louer extrêmement, le mettre au-dessus de tous les autres par des louanges.
Fig. et fam., "Être sur le ," Être dans une grande élévation, dans une grande faveur.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


La partie la plus élevée d'un édifice. Il n'a d'usage au propre, qu'en parlant De l'endroit du Temple où Notre-Seigneur fut transporte, lorsqu'il fut tenté par le démon.
On dit figurément et familièrement, "Mettre quelqu'un sur le ," pour dire, Le louer extrêmement, le mettre au-dessus de tous les autres par des louanges.
On dit aussi, qu'"Un homme est sur le ," pour dire, qu'Il est dans une grande élévation, dans une grande faveur.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



La partie la plus élevée d'un édifice. Il n'a d'usage au propre, qu'en parlant de l'endroit du Temple où Notre-Seigneur fut transporté, lorsqu'il fut tenté par le démon.
On dit fig. & fam. "Mettre quelqu'un sur le ," pour dire, Le louer extrêmement, le mettre au-dessus de tous les autres par des louanges.
On dit aussi, qu'"Un homme est sur le ," pour dire, qu'Il est dans une grande élévation de fortune.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

La partie la plus élevée d'un édifice. On ne le dit au "propre" que de l'endroit du Temple, où le Sauveur fut transporté, quand il fut tenté par le Démon. = Au "figuré", st. famil. "être sur le ", dans une grande élévation de fortune. = "Mettre" quelqu'un "sur le ", le louer excessivement. 'La Comtesse est trop plaisante sur M. de Lausun, qu'elle vouloit "mettre sur le ", et qui n'a encore ni logement à Versailles, ni les entrées qu'il avoit. "Sév."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


La partie la plus élevée d'un grand édifice. Il n'a d'usage au propre qu'en parlant de l'endroit du Temple où Nostre-Seigneur fut transporté lorsqu'il fut tenté par le demon.
On dit fig. "Mettre quelqu'un sur le ," pour dire, Le loüer extremement, le mettre au dessus de tous les autres par ses loüanges. On dit aussi qu'"Un homme est sur le ", pour dire, qu'Il est dans une grande élevation de fortune.




Emplacement dans le dictionnaire :

pilum
pimbêche
piment
pimenter
pimpant
pimpesouée
pimpesouee
pimprenelle
pin

pinacothèque
pinailler
pinard
pinasse
pinastre
pinçard
pincé
pince
pince-balle
pince-lisière
pince-mâille




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...les perspectives. Difficilement, le petit garçon peut reconnaître, au travers des fantômes, les perrons larges, les portes de chêne, les bâtiments de l'aile droite et la croix de fer qui domine, au pinacle de l'oratoire, deux poivrières enveloppées de vigne, les bâtiments de l'aile gauche et la tour massive pointant sa girouette dans l'azur. La maison entière se devine mal parmi les larmes et la...


Citation n°2 de Auguste BARBIER (Satires)

...en le dépouillant de son nimbe céleste, il lui garde respect, et, saintement funeste, il embaume le dieu dans l'éloge exalté des sublimes vertus de son humanité. Enfin ces orateurs qui, montés au pinacle et fiers de gouverner l'empire sans obstacle, jettent force louange à leurs rivaux à bas, les croyant à jamais dévolus au trépas ; encor des embaumeurs, des gens dont la tactique fait pendant, sur...


Citation n°3 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)

...de gais coqs, de se risquer parfois en bragues comme les mâles ; on la déculotterait sans pitié, nom de dieu ! Puis, après l'avoir troussée, fouillée, dépouillée, on la suspendrait toute nue au pinacle du bâtiment, et là, de face ainsi que de profil, chaque oiseau contemplerait à loisir cette oiselle ! -hé ! marquis, hé ? Si ce frondeur ne consentait pas à mettre les pouces, on se fâcherait pour...


Citation n°4 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)

...loin de l'huis par où seulement cette pièce concave reçoit du jour, auprès de cette portière en cristal qu'il avait, en s'introduisant là, tout d'abord aperçue, et derrière laquelle, à moins que le pinacle n'eût été modifié depuis un an, existait une cellule en surplomb des galeries et confrontant à l'arène, l'homme, en train d'affolir, se rapprocha vite du seuil et se pencha pour discerner dans la...


Citation n°5 de Maxime DU CAMP (En Hollande : lettres à un ami)

...au culte réformé. Elle est fort belle et de la bonne époque du quatorzième siècle. Extérieurement, elle est pressée de maisons qui cependant laissent apercevoir son entrée principale, énorme pinacle escorté de deux frêles et élégantes tourelles qui élèvent haut leur toiture pointue. Intérieurement, elle est badigeonnée de frais, à l'exception de la voûte, composée d'un vaste vaisseau de...


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